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Le recoupement de méandres de la ferme de Crécy

 

La progression du recoupement visible sur photographies aériennes

 

 

 

La présence du barrage de La Caillotte et la réhausse de sa côte d’exploitation (hauteur de chute, dite aussi hauteur de pelle), notamment durant et au sortir de la seconde guerre mondiale, ont grandement perturbé la rivière. L’usine hydro-électrique génère un blocage d’une partie de la charge grossière (galets, sables, etc.) du cours d’eau et un ralentissement de la progression de l’ensemble du reste de cette charge. En conséquence, le cours d’eau doit se « recharger » en matériaux grossier à l’aval du barrage, c’est ce que les spécialistes ont appelé le phénomène des « eaux affamées » (« Hungry waters », Kondolf, 1997).

Son expression la plus connue est l’érosion latérale qui alimente la mobilité des rivières. Les rivières « bougent », changent de position en plan, en érodant du matériel et en en déposant d’autre.

La rivière crée des terres et en emporte d’autres.

Mais un autre facteur est mobilisé à échéance plus longue : la pente. En effet, le cours d’eau peut augmenter sa puissance pour se recharger en sédiments, en augmentant sa pente.

C’est ce qui s’est produit à l’aval du barrage, le cours d’eau a recoupé ses anciens méandres pour couler plus bas en altitude avec une pente plus forte. Le cours d’eau a gagné en puissance et a emporté tous les matériaux sur le passage de son recoupement. Aujourd’hui, son ancien lit, abandonné entre 1963 et 1972, se retrouve « perché » par rapport au lit actuel.

Le recoupement s’est fait par « surverse », c’est à dire que lors des crues, l’essentiel des débits est passé à l’emplacement du chenal actuel et n’a pas suivi le tracé des méandres. Ces écoulements importants et très concentrés ont érodé les sols et sous-sols présents, jusqu’à ce que le chenal ainsi créé devienne le lit de l’Armançon.

Vous pouvez voir dans les documents qui suivent comment se type de dynamique se traduit en termes de formes fluviales et de paysages fluviaux.

 

 

 

 

a. Ancienne confluence du tronçon court-circuité et du chenal de dérivation, le 20/04 (QJM : 28,29 m3/s)

 

b. Ancien lit en cours de fermeture (connecté par le chenal de dérivation le 20/04)

 

c. Ancien enrochement de berge du lit mineur recoupé, connecté par la nappe le 20/04

 

d. Dépôts de matériel grossier (graves à pierres fines) le 25/04

 

e. Affouillement et tablier d’éboulis en pied de berge le 25/04 (QJM : 23 m3/s). Noter la présence de résidus des surfaces de bandes enherbées effondrées

 

f. Confluence de l’un des tributaires principaux (ancien méandre de l’Armançon), dépôts récents de fines à graviers grossiers, le 25/04

 

g. Ancien lit mineur de l’Armançon, aujourd’hui perché par rapport au lit mineur actuel, le 20/04 (vue vers l’Est)

 

 h. Ancien enrochement de rive droite aujourd’hui en banc de convexité, le 20/04

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